vendredi 14 novembre 2008

Vous avez dit, écologie ?


"Tous écocitoyens!" titre le supplément du France-Antilles du jeudi 13 novembre...

et en effet, les problèmes écologiques sont particulièrement visibles et préoccupants en Guadeloupe et les mesures de protection de l'environnement qui peinent à être mises en place, de plus en plus d'actualité.



Chlordécone imprégnant les sols, décharges sauvages, carcasses de voitures abandonnées salissent l'archipel et le dégrade durablement !




Rapporter ses déchets n'est pas encore un geste appris par tous et les abords des plages gardent trop souvent la trace des pique-niques, en particulier après les week-ends et les fêtes.


La première photo ainsi que celle de la carcasse de voiture ont été prises sur le sentier d'un "site protégé" !

Le retard pris ici en matière de protection de l'environnement , (la Martinique est plus en avance dans ce domaine), a des conséquences désastreuses pour tout l'écosystème et si les choses commencent à bouger, cela se fait très lentement.
Cependant lorsque ce sujet est évoqué, que ce soit avec les personnes que l'on côtoie ou par le canal des médias, chacun semble y être sensibilisé. Si les gestes écologiques ne font pas encore partie de la vie quotidienne, les mentalités sont en train d'évoluer et les habitudes devraient le faire aussi, en particulier lorsque les organisations intercommunales se doteront des équipements nécessaires.

Janvier 2007 : mon premier contact avec la Guadeloupe. Je vais me renseigner à la mairie de la commune . Habituée au tri sélectif, je répugne à mélanger bouteilles en verre et en plastique aux déchets ménagers.
Je demande donc s'il y a des points d'apport pour le tri sélectif des ordures ménagères. L'employée de mairie semble surprise et me répond par la négative.
"Et pour les piles usagées, que fait-on ?"
Après m'avoir regardée comme si j'étais une extra-terrestre : " Ben, dans la poubelle !"...
Donc, vous l'avez compris, jusqu'à présent, tout termine dans les décharges officielles ou sauvages (même si ces dernières ont été officiellement fermées)... et y reste.


Petit cochon rencontré sur le même sentier côtier, mais lui, il est propre !


Depuis, 2 ans ont passé et j'ai pu constater l'existence d' une volonté de changement. Le souci écologique a pris place dans les dernières campagnes municipales. De nombreux projets pédagogiques sont élaborés sur ce thème et des actions menées par des élèves des écoles ou des collèges : nettoyage des plages, apprentissage du tri, réalisation de panneaux explicatifs.... les jeunes générations vont pouvoir éduquer les anciennes !

J'ai découvert aussi, un peu par hasard car la plupart de mes connaissances l'ignorent, qu'il existe des conteneurs pour le tri sélectif à la Capitainerie de la Marina de Bas-du-Fort et je stocke bouteilles en verre et en plastique, boites en métal et cartons pour aller les y déposer. Ce n'est pas très loin mais cela oblige à un déplacement en voiture (et oui, à un petit degré, ce n'est pas complètement écolo). Ma satisfaction est de faire un geste pour préserver l'environnement jusqu'au jour où une amie me dit que les déchets que j'ai si bien triés seront mis en vrac dans la benne unique du camion de ramassage !
Indignée et pour en avoir le coeur net, je relève le numéro de téléphone indiqué sur le point de collecte et j'appelle.
Au bout du fil une personne me répond que je ne suis pas dans le bon service et qu'ils ne s'occupent que des produits dangereux : huiles usées et batteries des bateaux. Ces déchets , m'explique-t-elle, sont acheminés par bateaux en métropole pour y être traités car cela reviendrait trop cher de le faire sur place.
J'apprends aussi que les conteneurs du tri sélectif de la Marina sont destinés aux plaisanciers même si les particuliers "terriens" comme moi les utilisent (et ils débordent souvent). Mon interlocutrice a effectivement entendu parler d'un camion qui avait chargé dans une benne unique ce qui avait été trié par des élèves d'un collège mais, ajoute-t-elle, c'est une histoire ancienne et cela ne doit pas être le cas à la Capitainerie. Elle me donne le numéro de l'ADEME :"Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie".
A l'ADEME on me répond que la gestion des déchets de la Marina appartient à ses propriétaires (Transat Antilles Voyage) et qu'il faut les contacter. Je n'arrive pas à les trouver et j'appelle donc la Capitainerie de la Marina. Là on me dit que les conteneurs peuvent être utilisés par tous les particuliers et que la société d'enlèvement a un contrat qui lui demande respecter le tri sélectif...
Il ne me reste donc plus qu'à guetter le camion benne pour interviewer le chauffeur si je veux aller jusqu'au bout de mon enquête. Et ensuite, que deviennent les différents produits triés ? Le recyclage est-il opérationnel ?
Malgré ces incertitudes, je continuerai à trier. J'ai aussi un sac de bouchons en plastique (...bonnes vieilles habitudes : en métropole je les collectionnais pour financer la fabrication des fauteuils de paralysés ), dont je ne sais toujours pas quoi faire ici. Je finirai bien par trouver !



Pour conclure :
A ce jour, le principe du tri sélectif est acquis mais concrètement rien n'est mis en place encore sauf pour les piles usagées et pour les lampes à faible consommation (à l'entrée des grandes surfaces et dans les centres commerciaux) . Ceux qui veulent avoir une conduite "écocitoyenne", doivent se rendre eux-mêmes avec leurs poubelles sur les lieux des décharges comme celle de la Gabarre aux Abymes... il faut vraiment être très motivé mais certains le sont, comme ma voisine qui va régulièrement à la déchèterie de la Gabarre.
On attend donc la mise en place effective d'une filière de tri sélectif : lieux de collecte, centres de tri et usines de traitement.
Plus que le manque de moyens financiers et économiques, les querelles entre communes, les intérêts particuliers (syndrome NIMBY "not in my backyard"), les préoccupations électorales mais aussi une concertation insuffisante entre les différents acteurs sont les freins à la concrétisation des projets environnementaux qui sont souvent invoqués. A cela s'ajoute les contraintes inhérentes à la Guadeloupe : surface limitée et coût de la transformation de certains matériaux de récupération trop élevé par rapport au volume recyclé pour un traitement sur place.
Souhaitons que, pour ce beau département, les bons choix soient faits et les mesures rapidement mises en place avec, comme préoccupation essentielle, la préservation de la nature et la qualité de vie des Guadeloupéens.

Bon, j'ai été un peu longue aujourd'hui, mais c'est vraiment un sujet qui me tient à coeur !



La Guadeloupe est belle, protégeons-la ! Ici, la plage de Clugny.


lundi 10 novembre 2008

Sur les traces de La Lise

C'était samedi dernier :
D'abord, la petite route ne menait nulle part.


Puis il a fallu passer un gué.


Derrière la maison rouge, le ciel était menaçant.



Sous les bananiers, une bâtisse rescapée.




Les murs sont recouverts d'essentes.



Le boucan à tiroirs pour le séchage du café et l'alambic du" capitaine Nemo"




Ce ne sont pas des pendules... alors quoi ?



C'était samedi dernier, à l'Habitation La Lise, près de Bouillante, au lieu-dit Pigeon . Cette habitation fut construite en 1671 par la famille Lousteau qui a donné son nom à la rivière . Il s'y développa une sucrerie au XVIII ème siècle. Elle fut transformée comme souvent en Guadeloupe en distillerie à la fin du XIXème siècle et l'activité se diversifia avec celle du café.
Cette distillerie artisanale fut la dernière à cesser de fonctionner en 1971. Elle a été classée monument historique depuis 1993 et se visite lors des journées du patrimoine, ou exceptionnellement sur demande à ses propriétaires. On peut y voir le moulin et sa roue à eau et un aqueduc qui devrait être remis en eau après travaux, la vinaigrerie, la bonifierie, le boucan et la manioquerie.
Tous ces bâtiments en bois surmontés de tôle rouillée qui ont été plus ou moins dégagés de la végétation forment un ensemble important et attendent d'être restaurés.
Plus loin, trois bassins remplis d'une eau à 31 degrés par des micro-fissures souterraines servaient autrefois de bains.




samedi 1 novembre 2008

Les lumières de la Toussaint


Depuis des semaines, en Guadeloupe, les cimetières voient se déployer une activité nouvelle dans leurs allées et sur leurs tombes. On nettoie, on repeint, on remet du sable. Tout doit être prêt pour le 1er novembre, jour de la Toussaint. Ici, cette fête catholique est très importante. Dans les grandes surfaces on trouve actuellement des linéaires de bougies blanches ou vendues dans de petits bougeoirs en plastique rouge.


Petit rappel : la Toussaint, qui honore "l'ensemble des saints", est célébrée le 1er novembre depuis le IXème siècle par l'Eglise catholique. Elle a pris la place d'une fête païenne celte , Samhain,  qui marquait le passage de la" saison claire à la saison sombre", fête de transition et d'ouverture vers l'Autre Monde.
Au XIXème siècle les Irlandais ont exporté cette coutume avec eux en Amérique (devenue depuis Halloween). Des petites lumières étaient placées devant les portes pour chasser les revenants.

Au XIème siècle, on fait suivre la Toussaint du "jour des morts", jour de commémoration des défunts. Cependant, du fait que la Toussaint est un jour férié, l'usage est établi de commémorer les morts le 1er novembre. Pour l'Eglise catholique, la fête de la Toussaint témoigne de l'espérance chrétienne devant la mort.

En Guadeloupe, cette fête religieuse est l'occasion de réunion des familles et des proches qui passent une bonne partie de la nuit dans les cimetières illuminés de centaines de petites bougies.





Nous sommes allés ce soir au cimetière de Morne à l'Eau, célèbre pour ses tombes en damiers noirs et blancs qui forment une véritable petite ville sur la pente d'un morne.

Après de longs embouteillages dus à la déviation autour de la ville pour cette occasion, nous sommes arrivés devant le cimetière où la circulation automobile avait fait place à une foule dense autour de camionnettes et de marchands ambulants de bokits, pop-corn, cornets de cacahuètes, sorbets coco...


Nous avons suivi le flot des familles et sommes rentrés dans le cimetière où brillaient sur chaque tombe de nombreuses petites bougies aux lumières rouges ou blanches. Déjà, au cours de notre trajet, nous avions observé la présence de bougies au pied des murs des maisons. Mais là elles étaient serrées et nombreuses, ajoutant leur chaleur à celle de la nuit. Nous avons avancé lentement dans les allées envahies de monde.
Toute la ville semblait s'y être donné rendez-vous. Un brouhaha léger et continuel régnait autour des caveaux de famille aux allures de petites maisons carrelées où l'on se rassemblait, se saluait, déposait des fleurs, les enfants s'affairant autour des bougies, des petits endormis dans des bras maternels. Et par-dessus, le chant nocturne des grenouilles, toujours présent.

Très peu de "touristes", les Guadeloupéens sont entre eux pour cette fête profondément ancrée dans leur tradition. Beaucoup de sérénité, rien de pesant ni de triste dans ce moment de rassemblement et de recueillement. Cette fête lumineuse, si loin de ce que l'on peut voir dans les cimetières de métropole, donne une impression très particulière que les mots ne peuvent qu'imparfaitement décrire.

mercredi 15 octobre 2008

Fantômes parisiens

Retour sur les lieux et retour dans le temps :



La bibliothèque de la Sorbonne est bien vide...



C'est étrange, un amphi sans étudiants...



Les ombres de George Sand et de Chopin dans la Nouvelle Athènes



et la campagne à Paris...






Voici quelques images que j'ai gardées de mon dernier séjour parisien fin septembre.

vendredi 3 octobre 2008

Que se passe-t-il ?



Voici une photo prise lors d'une balade faite hier . Nous sommes près du Moule sur la plage de l'Autre Bord.
Donnez une légende à la photo.

mardi 2 septembre 2008

Bonne rentrée !

En ce jour de rentrée scolaire, je souhaite une bonne rentrée aux enseignants et à leurs élèves !

Cela va être la 2ème année où je regarde la rentrée scolaire en spectatrice ce qui ne m'empêche pas de bien penser aux collègues...

Ici, les élèves du primaire et des collèges ont remis leur uniforme (tee-shirt blanc ou de couleur le plus souvent). La tenue réglementaire est en vigueur dans plus de 80 % des collèges (39 sur 43 du secteur public selon le France-Antilles du 26 août) et dans 70% des écoles. Cette disposition est votée en conseil d'administration des différents établissements. Trois objectifs sont mis en avant par le Rectorat : éducatif ("renforcer le sentiment d'appartenance à une communauté scolaire" partageant les mêmes règles et "apprendre à s'habiller de manière correcte"), égalitaire ("réguler les différences d'origine socio-économiques") et sécuritaire ("mieux gérer les intrusions au niveau de l'établissement et mieux identifier les élèves à l'extérieur"). Au lycée l'habillement est libre avec néanmoins des règles vestimentaires : tenues trop légères (il fait chaud !) ou provocantes sont en particulier proscrites ...
Ma jeune voisine qui entre en seconde a donc laissé au placard sa jupe écossaise (j'imagine avec plaisir) pour retrouver le jean lycéen...

Et avec la rentrée, les embouteillages monstres dus aux conduites scolaires et au manque d'un réseau efficace de transports en commun sont de retour après une trêve de 2 mois.

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Avant de faire une petite pause dans ce blog, puisque je pars demain à Paris pour 3 semaines, je poste quelques photos de notre visite au parc des Mamelles.



Malgré le temps perturbé de ces derniers jours, nous avions décidé dimanche matin de tenter de faire l'ascension de l'une des deux "mamelles": une petite marche avec au bout une belle vue quand il y a de la vue... Ces 2 sommets de la Basse-Terre qui se font face et culminent à plus de 700 m sont les reliques de 2 pics de lave d'un ancien volcan, érodés au fil des siècles, ce qui leur a donné la forme qui leur a valu leur appellation.
Souvent des nuages persistants les dissimulent.

C'est la pluie qui nous a accueillis au débarqué de la voiture alors qu'il faisait soleil sur Grande-Terre. Nous avons donc décidé de pousser jusqu'au parc des Mamelles dont tous nos visiteurs nous avaient dit unanimement grand bien et il est vrai que c'est un bel endroit en plein coeur de la forêt tropicale humide. La vocation de ce parc zoologique et botanique est aussi la protection et la sauvegarde des animaux de la faune sauvage de Guadeloupe. Il recueille des animaux blessés et les héberge avant de les réintroduire dans la forêt.

Des ponts suspendus à plus de 20 m de haut permettent d'observer la canopée.

Le racoon, animal protégé, est en semi-liberté dans le parc. De la famille du raton laveur, c'est un animal surtout nocturne. Ils étaient nombreux à faire la sieste perchés dans les arbres. On peut en voir dans la nature (et j'aimerais bien en rencontrer même si ma fréquentation des forêts est plutôt diurne) mais on en croise beaucoup moins fréquemment que les mangoustes.





dimanche 24 août 2008

Boeufs tirants



Hier nous avons assisté à un concours de "boeufs tirants" au "terrain Mermoz" à Saint Félix. J'avais précédemment évoqué ces compétitions dans mon message du 28-11-07 mais nous n'avions pas eu l'occasion d'en voir une jusqu'à présent.
Depuis les années 70 (création de l'Association de sauvegarde des boeufs créoles), les concours de boeufs tirants se sont développés, à Marie-Galante et en Grande Terre en particulier, et ils attirent de plus en plus de monde. Les boeufs (de belles bêtes pesant de 570 à 850 kg ! ) sont longuement entraînés et dorlotés pour être transformés en athlètes de compétition capables de tirer des charges de 1 à 2,2 tonnes.



Bon, parfois il y en a qui n'ont pas envie d'y aller et on peut le comprendre...






L'équipage est composé d'un conducteur et de deux équipiers chargés de suivre la charrette avec des cales pour éviter qu'elle ne redescende si les boeufs s'arrêtent dans la montée. Le parcours, est chronométré par 2 arbitres qui comptent le nombre de coups de fouet administrés. Au 13ème coup la charrette est immobilisée et seule la distance parcourue est prise en compte pour le classement final.




Ces concours qui durent toute la journée du samedi ou du dimanche sont l'occasion de rassemblements de la population et de déjeuners festifs.

Et pour vous y croire, voici une vidéo magistralement prise par Do :




Tout au long du parcours les supporters poussent des cris d'encouragement pour accompagner l' équipe qu'ils soutiennent. Ce jour-là il y avait, entre autres, celles des "Enfileurs de Petit-Canal", des "Frappeurs du Moule", des "Baroudeurs du Moule", et des "Solides de Morne- à-l'Eau"...




En descente c'est nettement plus facile !