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samedi 22 novembre 2008

Où l'on parle encore de tri sélectif


Depuis, mon message précédent, j'ai pu récolter quelques informations supplémentaires.
Tout d'abord, j'ai trouvé, dans le supplément du France-Antilles cité précédemment, le numéro de téléphone de l'association "Bouchons créoles".
Cette association, affiliée à celle de "Bouchons d'amour", a été créée en décembre 2005. Elle récolte , trie et stocke bénévolement les bouchons qui sont achetés à la tonne par l'entreprise Ecodec qui se charge de les traiter. Il faut avoir au moins 4 tonnes pour livrer. La tonne triée rapporte 150 euros. L'argent récolté sert au financement de fauteuils pour handicapés.
Pour mes lecteurs de Guadeloupe, un point d'apport se trouve à Jarry, chez les peintures Gauthier.

La personne qui m'a répondu lorque j'ai contacté l'association, a corroboré ce qui m'avait été signalé à propos du point d'apport volontaire de la Marina de Bas-du-Fort. Celui-ci, créé en 2006 pour la route du Rhum, a certes le mérite d'exister mais ne serait pas relayé par un traitement sélectif des déchets (sauf pour les produits dangereux). A l'inverse de ce qui se passe pour les "bouchons créoles" dont la récolte, 100% recyclable, est payée par Ecodec, les industriels, commerçants, artisans, collectivités doivent prendre en charge financièrement le traitement des déchets. Une tonne de déchets valorisable coûte 75 euros à l'entreprise contre 47 euros pour une tonne mise en décharge (en métropole le coût est plus élevé). Ceci explique cela...
Pour ceux que cela intéresserait j'ai trouvé ces dernières précisions sur Terredavenir.org

Autre contribution à l'éclaircissement de la question : un commentaire détaillé en réponse à mon post précédent nous explique précisément la situation du tri sélectif à la Marina.
Le système ne fonctionne donc pas, que ce soit pour la première raison invoquée, à savoir le coût du recyclage, ou à cause du tonnage insuffisant qui demanderait de mettre en place une organisation plus complexe. La solution passera dans l'obligation du tri qui devrait être effective dans les années qui viennent. Encore faudra-t-il que, dans les faits, cette obligation soit respectée .
Si donc les containers sélectifs ne sont là actuellement que "pour faire joli", c'est un autre point d'apport volontaire qu'il faut utiliser, ce que je ferai après avoir vérifié sa fiabilité.

Ces derniers temps, en Guadeloupe, les papiers ou reportages plus ou moins complaisants sur l'écologie sont abondamment diffusés par les médias ou les politiques mais, parallèlement, il se dit bien autre chose sur ce qui se passe concrètement et lorsqu'on veut avoir une information précise et fiable, il faut chercher !

Dernière info : l' association UNPAS, s'intéressant au développement durable, vient d'être créée à Gosier. Du lundi 24 au vendredi 28 elle met à disposition des "big bags" pour le plastique près du stade Montauban. Elle espère faire perdurer ce point d'apport volontaire et faire bouger les choses. Il faudra pour cela une vraie volonté des pouvoirs publics et une union des efforts des différentes communes afin de récolter des tonnages suffisants pour le recyclage. A suivre...

Addenda :
- Le 28-11 : aucune présence des "big bags" annoncés au stade Montauban durant la semaine. L'association m'a répondu qu'elle n'avait malheureusement pas pu les y mettre (ils seront seulement mis en place ce soir sur le marché). Dommage !


-Le 29-11 : nous sommes allés à la Marina où se tenait une animation organisée par la Ville de Pointe-à-Pitre et la Région Guadeloupe pour la "Semaine nationale de réduction des déchets".
Sous un chapiteau, différents stands expliquaient ce qui existe déjà en matière de protection de l'environnement et ce qui devrait être mis en place dans l'avenir. L'une des intervenantes que j'ai interrogée semblait tout à fait savoir que le tri sélectif à la capitainerie, c'est du pipeau. Incroyable ! (mais je dois être encore très naïve), beaucoup sont au courant mais les choses restent en l'état et cette imposture perdure.




vendredi 14 novembre 2008

Vous avez dit, écologie ?


"Tous écocitoyens!" titre le supplément du France-Antilles du jeudi 13 novembre...

et en effet, les problèmes écologiques sont particulièrement visibles et préoccupants en Guadeloupe et les mesures de protection de l'environnement qui peinent à être mises en place, de plus en plus d'actualité.



Chlordécone imprégnant les sols, décharges sauvages, carcasses de voitures abandonnées salissent l'archipel et le dégrade durablement !




Rapporter ses déchets n'est pas encore un geste appris par tous et les abords des plages gardent trop souvent la trace des pique-niques, en particulier après les week-ends et les fêtes.


La première photo ainsi que celle de la carcasse de voiture ont été prises sur le sentier d'un "site protégé" !

Le retard pris ici en matière de protection de l'environnement , (la Martinique est plus en avance dans ce domaine), a des conséquences désastreuses pour tout l'écosystème et si les choses commencent à bouger, cela se fait très lentement.
Cependant lorsque ce sujet est évoqué, que ce soit avec les personnes que l'on côtoie ou par le canal des médias, chacun semble y être sensibilisé. Si les gestes écologiques ne font pas encore partie de la vie quotidienne, les mentalités sont en train d'évoluer et les habitudes devraient le faire aussi, en particulier lorsque les organisations intercommunales se doteront des équipements nécessaires.

Janvier 2007 : mon premier contact avec la Guadeloupe. Je vais me renseigner à la mairie de la commune . Habituée au tri sélectif, je répugne à mélanger bouteilles en verre et en plastique aux déchets ménagers.
Je demande donc s'il y a des points d'apport pour le tri sélectif des ordures ménagères. L'employée de mairie semble surprise et me répond par la négative.
"Et pour les piles usagées, que fait-on ?"
Après m'avoir regardée comme si j'étais une extra-terrestre : " Ben, dans la poubelle !"...
Donc, vous l'avez compris, jusqu'à présent, tout termine dans les décharges officielles ou sauvages (même si ces dernières ont été officiellement fermées)... et y reste.


Petit cochon rencontré sur le même sentier côtier, mais lui, il est propre !


Depuis, 2 ans ont passé et j'ai pu constater l'existence d' une volonté de changement. Le souci écologique a pris place dans les dernières campagnes municipales. De nombreux projets pédagogiques sont élaborés sur ce thème et des actions menées par des élèves des écoles ou des collèges : nettoyage des plages, apprentissage du tri, réalisation de panneaux explicatifs.... les jeunes générations vont pouvoir éduquer les anciennes !

J'ai découvert aussi, un peu par hasard car la plupart de mes connaissances l'ignorent, qu'il existe des conteneurs pour le tri sélectif à la Capitainerie de la Marina de Bas-du-Fort et je stocke bouteilles en verre et en plastique, boites en métal et cartons pour aller les y déposer. Ce n'est pas très loin mais cela oblige à un déplacement en voiture (et oui, à un petit degré, ce n'est pas complètement écolo). Ma satisfaction est de faire un geste pour préserver l'environnement jusqu'au jour où une amie me dit que les déchets que j'ai si bien triés seront mis en vrac dans la benne unique du camion de ramassage !
Indignée et pour en avoir le coeur net, je relève le numéro de téléphone indiqué sur le point de collecte et j'appelle.
Au bout du fil une personne me répond que je ne suis pas dans le bon service et qu'ils ne s'occupent que des produits dangereux : huiles usées et batteries des bateaux. Ces déchets , m'explique-t-elle, sont acheminés par bateaux en métropole pour y être traités car cela reviendrait trop cher de le faire sur place.
J'apprends aussi que les conteneurs du tri sélectif de la Marina sont destinés aux plaisanciers même si les particuliers "terriens" comme moi les utilisent (et ils débordent souvent). Mon interlocutrice a effectivement entendu parler d'un camion qui avait chargé dans une benne unique ce qui avait été trié par des élèves d'un collège mais, ajoute-t-elle, c'est une histoire ancienne et cela ne doit pas être le cas à la Capitainerie. Elle me donne le numéro de l'ADEME :"Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie".
A l'ADEME on me répond que la gestion des déchets de la Marina appartient à ses propriétaires (Transat Antilles Voyage) et qu'il faut les contacter. Je n'arrive pas à les trouver et j'appelle donc la Capitainerie de la Marina. Là on me dit que les conteneurs peuvent être utilisés par tous les particuliers et que la société d'enlèvement a un contrat qui lui demande respecter le tri sélectif...
Il ne me reste donc plus qu'à guetter le camion benne pour interviewer le chauffeur si je veux aller jusqu'au bout de mon enquête. Et ensuite, que deviennent les différents produits triés ? Le recyclage est-il opérationnel ?
Malgré ces incertitudes, je continuerai à trier. J'ai aussi un sac de bouchons en plastique (...bonnes vieilles habitudes : en métropole je les collectionnais pour financer la fabrication des fauteuils de paralysés ), dont je ne sais toujours pas quoi faire ici. Je finirai bien par trouver !



Pour conclure :
A ce jour, le principe du tri sélectif est acquis mais concrètement rien n'est mis en place encore sauf pour les piles usagées et pour les lampes à faible consommation (à l'entrée des grandes surfaces et dans les centres commerciaux) . Ceux qui veulent avoir une conduite "écocitoyenne", doivent se rendre eux-mêmes avec leurs poubelles sur les lieux des décharges comme celle de la Gabarre aux Abymes... il faut vraiment être très motivé mais certains le sont, comme ma voisine qui va régulièrement à la déchèterie de la Gabarre.
On attend donc la mise en place effective d'une filière de tri sélectif : lieux de collecte, centres de tri et usines de traitement.
Plus que le manque de moyens financiers et économiques, les querelles entre communes, les intérêts particuliers (syndrome NIMBY "not in my backyard"), les préoccupations électorales mais aussi une concertation insuffisante entre les différents acteurs sont les freins à la concrétisation des projets environnementaux qui sont souvent invoqués. A cela s'ajoute les contraintes inhérentes à la Guadeloupe : surface limitée et coût de la transformation de certains matériaux de récupération trop élevé par rapport au volume recyclé pour un traitement sur place.
Souhaitons que, pour ce beau département, les bons choix soient faits et les mesures rapidement mises en place avec, comme préoccupation essentielle, la préservation de la nature et la qualité de vie des Guadeloupéens.

Bon, j'ai été un peu longue aujourd'hui, mais c'est vraiment un sujet qui me tient à coeur !



La Guadeloupe est belle, protégeons-la ! Ici, la plage de Clugny.